VERITE

#23 « Entre Vulnérabilité et Puissance, le Leadership Réinventé »

Chloé Pahud – Civocracy

Êtes-vous prêt à redéfinir le leadership ? Découvrez comment Chloé Pahud, fondatrice et dirigeante de Civocracy, transforme vulnérabilité et défis en une force inébranlable.

Entrepreneure audacieuse et authentique, Chloé nous embarque dans son aventure unique d’entrepreneuriat social, explorant comment elle a transformé les épreuves, de sa levée de fonds à l’impact du Covid, en opportunités de croissance et d’innovation pour son entreprise.

Dans cet épisode, nous plongeons au cœur de l’odyssée de Civocracy, où chaque défi se transforme en leçon de résilience. Chloé dévoile les dessous de cette aventure entrepreneuriale, un véritable « grand 8 » émotionnel et stratégique.

Chloé nous invite à une prise de conscience collective, où chaque individu, face aux défis mondiaux, peut devenir un acteur de changement positif. Une exploration fascinante qui révèle l’essence du leadership authentique et de l’entrepreneuriat conscient.

L’épisode aborde avec finesse l’équilibre entre vulnérabilité et puissance. Un éclairage nouveau sur le leadership féminin, où la sensibilité se révèle être une force inattendue.

Embarquez avec nous pour un épisode qui va au-delà du simple récit entrepreneurial. C’est une invitation à redécouvrir le sens du leadership et de l’engagement social.

Prêts à vous engager dans une réflexion profonde sur la citoyenneté, l’intégrité et leur impact dans l’entrepreneuriat et la démocratie ?

Ne manquez pas cette exploration en profondeur de l’entrepreneuriat, au cœur des défis contemporains.

 

Timeline : 

00:16:23 – Le succès financier comme moyen de poursuivre une mission collective

00:25:51 – Différencier sa mission personnelle de sa citoyenneté

00:34:27 – Opportunisme créatif et dépassement des limites

00:41:24 – Une mission sociale qui rassemble et libère

00:47:16 – Les doutes et la persévérance dans l’entrepreneuriat social

00:56:40 – L’entrepreneuriat social et ses défis

01:00:24 – L’évolution des entreprises vers un modèle plus citoyen

01:13:41 – La relation à l’argent dans les entreprises à mission

01:23:15 – L’humilité dans l’entrepreneuriat et l’absence de réponses

Pour contacter Chloé :

chloe@civocracy.org

https://www.civocracy.com/fr

https://www.civocracy.org

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Transcription de l’épisode

    Ombeline : Bonjour Chloé ! Bienvenue dans le podcast Vérité.

    Chloé : Bonjour Ombeline ! Ravie d’être là !

    Ombeline : Et ravie également. On démarre une nouvelle saison ensemble pour le podcast et je suis vraiment heureuse de la démarrer avec toi. Avant que je ne te présente et que je parle un peu de ton parcours, est-ce que tu aimerais nous décrire ton environnement pour que les auditeurs puissent t’imaginer quand tu nous parles ?

    Chloé : Alors, tu m’as demandé de me mettre au calme, donc j’ai hésité entre le bureau ou ici chez moi. Et je suis chez moi, dans mon salon, sur le canapé, je me suis mise super confortable. Derrière moi, il y a la peinture de mon amoureux, une des peintures de mon amoureux. Il y a des plantes. Il pleut un petit peu. Il y a une super belle lumière quand même. Je suis dans mon élément. 

    Ombeline : Et tu es à Berlin ?

    Chloé : Et je suis à Berlin, pardon. Oui. Je suis chez moi, dans un quartier qui s’appelle Wedding, dans le nord de Mitte.

    Ombeline : J’adorerais venir à Berlin. Je ne connais pas du tout Berlin.

    Chloé : Ah, mais viens Ombeline ! Je te ferais visiter. C’est super. 

    Ombeline : On fera ça. Et puis j’ai aperçu la peinture de ton chéri qui est juste sublime.

    Chloé : Petite pub pour mon chéri.

    Ombeline : Alors Chloé, tu me disais en préparation que tu es bien évidemment la fondatrice de « Civocracy » dont on va parler. Tu as quarante-trois (43) ans. Tu es maman de deux garçons de cinq (5) et dix (10) ans. Tu as un double master en psychologie clinique et en gestion des ressources humaines. Tu habites à Berlin depuis dix ans. Et avant cela, tu as passé huit (8) ans en Chine où tu as lancé tes trois (3) premiers business, toujours avec une composante sociale et ancrés aux communautés locales. Donc « Civocracy » est ta quatrième entreprise et tu me disais que c’était celle dont tu te sentais la plus proche en termes de mission. Tu me disais aussi que la Chine, tu avais adoré parce qu’avant 2005, on avait vraiment l’impression que tout était possible. Ça t’a donné le goût de l’audace. Et puis c’est fou parce que tu es partie en Chine, effectivement, alors que tout aurait pu être tracé autrement. Alors peut-être que tu auras envie de nous en dire plus. Et puis ça nous parlera aussi de l’évolution que tu as en tant qu’entrepreneure, parce que j’imagine que l’entrepreneure qui a créé la première boîte en Chine n’est pas celle que tu es devenue aujourd’hui. Donc on va certainement y revenir. Tu crées « Civocracy » en 2015, quand tu rencontres ton premier cofondateur dans un accélérateur hollandais. Et après, il y a différentes étapes, dont la levée de fonds et le COVID. 

    Chloé : Ouais.

    Ombeline : C’est un peu deux grandes étapes de…

    Chloé : Deux évènements marquants. Il y en a eu beaucoup d’autres. 

    Ombeline : Ouais.

    Chloé : On a suivi tous les clichés du grand huit d’une start-up sociale. On les a toutes cochées, toutes les cases. Des hauts et des bas ont été là les huit (8) dernières années. 

    Ombeline : Le grand huit d’une entreprise sociale. OK. Tu vas nous dire ça. Et, aujourd’hui, après le COVID, il y a eu un pivot pour « Civocracy ». Aujourd’hui, « Civocracy » c’est deux cents (200) clients, c’est des projets d’engagement citoyen dans sept (7) pays en Europe, un chiffre d’affaires qui a triplé cette année. Et vous êtes sept (7) au sein de l’équipe.

    Chloé : Ouais. Sept (7) employés et deux (2) freelance. On est neuf (09).

    Ombeline : Ouais. Et la mission de « Civocracy », donc c’est une agence créative, une plateforme digitale experte en engagement citoyen. Vous aidez donc plus de deux cents (200) organisations, donc vos clients sont les organisations, en Europe : des entreprises, des ONG, des gouvernements. Donc des organisations dites « à   mission », pour rassembler leur communauté grâce à des méthodes participatives et en faire des ambassadeurs de leurs missions. Votre puzzle, comme tu partages souvent, j’aime bien, tu emploies souvent ce mot puzzle, c’est de transformer une personne normale en un citoyen engagé. Et quand on s’est rencontré la première fois, j’ai beaucoup aimé aussi le lien entre la citoyenneté et l’entrepreneuriat. On va aussi parler de ça ensemble. Est-ce que tu as envie d’ajouter quelque chose à cette introduction ?

    Chloé : Non. Je crois que c’est bien dit. Je vais suivre un peu ton fil à toi, de ce que tu veux creuser. Et puis ouais, vraiment super ravie de pouvoir faire découvrir à tes auditeurs notre travail et puis mon cheminement d’entrepreneure. Et peut-être aussi de susciter de l’intérêt ou peut-être des gens qui travaillent dans des secteurs similaires. Voilà, je suis super curieuse de cette conversation, où ça va nous mener aussi.

    Ombeline : Et puis bien évidemment, dans la description de l’épisode, vous avez les coordonnées de… ou la meilleure façon de connecter, de contacter Chloé. Alors, la question que je t’avais posée aussi c’était « Avec quoi tu aimerais que les auditeurs repartent de cet épisode ? » et tu m’avais dit « Je voudrais donner de la force aux entrepreneurs qui doutent et l’envie de bousculer les codes et les schémas de l’entrepreneuriat à ceux qui ne doutent pas. ».

    Chloé : Ah c’est vrai, je t’ai dit ça. Voilà. Du coup, tu m’as reposé la question il y a quelques jours et c’est la même chose que je voulais dire. Donc c’est bien, je ne me contredis pas. Ouais, ouais. Je me disais aussi de peut-être aussi, pourquoi pas, voilà, encore une fois, avoir des gens qui ont envie de nous contacter, d’en savoir plus, de nous découvrir d’autres entrepreneurs, qui ont peut-être des « mindset » un peu similaires. Donc, voilà. Cette question m’a beaucoup interrogé. Avec quoi je veux que les gens repartent ? C’est un exercice super nouveau, donc j’y vais aussi un peu, encore une fois, avec un peu de curiosité, pour voir ce que les gens prendront parce que je ne suis pas tout à fait sûre. 

    Ombeline : Et puis tu sais, dans mon intention, dans ce podcast, pour chacune des interviews, c’est aussi que mes invités repartent avec quelque chose. Donc moi je pose l’intention que tu reçoives le meilleur possible de cette conversation. Donc il y a plein de sujets que j’aimerais aborder avec toi. Je ne suis pas sûre qu’on ait le temps en un épisode de tout aborder. Mais pour commencer, j’aimerais justement que tu nous parles un peu de ton évolution en tant qu’entrepreneure, plus particulièrement sur la notion de réussite, de ce que ça veut dire pour toi la réussite aujourd’hui, et peut-être faire la comparaison avec tes différents niveaux de conscience sur ce chemin.

    Chloé : Alors, je vais essayer de répondre 

    Ombeline : Si tu veux que je t’aide dans la réflexion…

    Chloé : Ou alors tu me remets sur le droit chemin si je m’éparpille un peu. Mais…

    Ombeline : Ouais. Pas de soucis.

    Chloé : Mes premiers jalons d’entrepreneure, mes premières expériences en 2004 et aujourd’hui, évidemment que ça a beaucoup changé. Quand j’ai démarré mes études à dix-huit (18) ans, j’avais envie d’apprendre un métier. Donc vraiment l’entrepreneuriat ne m’attirait pas du tout, ce que je ne connaissais pas. Pourtant, mon père était entrepreneur. Mon beau-père s’est mis à son compte. Donc j’avais quand même quelques chouettes références autour de moi. Mais j’avais, je pense, besoin d’un cadre et envie d’apprendre un métier. J’ai fait psycho en me disant que je serais psychologue. On est quand même tous super tournés vers les gens et aider les gens, mais j’avais envie d’apprendre un métier. À cette époque, il fallait que j’aie un contour bien tracé. Et puis pour plein de raisons, quand j’ai terminé mes études, c’est au contraire. La dernière année, c’est l’opposé qui s’est emparé de moi. J’étais à Paris, je terminais, j’étais en alternance, donc j’étais embauchée dans ma boîte. Et là, je me suis dit si tu commences ce boulot à vingt-quatre (24) ans, c’est tracé. C’est tu vas, voilà, tu vas démarrer le travail. En plus, je suis quelqu’un qui m’investit beaucoup et à fond. Donc je me suis tu vas te mettre à fond dedans, peut-être rencontrer quelqu’un, et puis c’est sur des rails. Et là, j’ai eu super peur, j’ai eu super peur de ça. Je ne peux pas dire exactement pourquoi. Et mon meilleur pote, Nil, était parti un an avant en Chine. Déjà j’adore cet ami, je le trouvais super aventureux. Et lui, il m’avait dit « Écoute, ce pays, si tu as des idées et envie de choses un peu différentes, c’est le moment. ». Effectivement, il faut se souvenir qu’en 2004-2005, la Chine, on avait l’impression qu’elle s’ouvrait. C’était bien avant Xi Jinping, ils s’ouvraient aux capitaux étrangers. Il y avait de plus en plus d’étudiants qui partaient là-bas, ce n’était plus seulement un peu les baroudeurs excentriques. Donc il y a eu une nuit, et cette nuit, elle a tout changé, où j’ai fait une grosse insomnie à Paris. Je devais être à six (6) mois de la fin de mon année d’alternance, de mon master. Et je pensais à Nil et je me suis dit « Plus jamais tu ne seras envieuse de quelque chose. Si tu as envie de quelque chose, si tu désires quelque chose, tu y vas. ». Et ça a été, je crois, le premier moment de ma vie où je me suis fait violence. On reviendra aussi sur ce terme de violence. 

    Ombeline : Ouais.

    Chloé : Mais… où je suis allée un peu, aujourd’hui, je ne le verrai pas comme une violence, mais en tout cas, comme j’ai eu envie de dépasser mes peurs initiales. Et ça, ça ne m’a jamais quitté après, parce qu’il y a eu à la fois une sensation de grand saut dans le vide, surtout quand à vingt-quatre (24) ans, que tu as fait psycho et ressources humaines donc que tu ne connais rien, tu arrives en Chine pour démarrer quelque chose, tu ne sais pas quoi dans une langue que tu ne connais pas, c’est vraiment le grand saut ; mais c’était aussi, ça m’a donné des ailes. Je me suis dit si tu es capable de faire ça, et j’ai eu envie de faire des trucs un peu extraordinaires, sortir de mon cocon, de mon milieu, d’un truc un peu comme je disais tout tracé, ça m’a fait peur, pour plein de raisons, je n’ai pas forcément envie qu’on s’attarde dessus, mais j’ai eu envie de tout bousculer, s’enfuir, mais vraiment en cassant un peu le truc qui était bien tracé. Donc ça, ça m’a toujours guidé. Aujourd’hui, j’ai un cheminement un peu différent. « Civocracy », on est passé par beaucoup de choses, on y reviendra. Aujourd’hui, justement, l’idée c’est de ne plus aller à contre-courant, c’est de continuer à avoir envie de me dépasser, d’apprendre, de cultiver cette curiosité. Je pense que j’ai un côté un peu hyper actif, dans le bon sens. Mais par contre le mot violence, c’est-à-dire de à tout prix, finalement, me mettre dans des trucs ultras compliqués, ultra challengeant, c’est moins dans mon état d’esprit. Et je me rends compte que je peux continuer à pousser, tu sais tu as la théorie du dauphin à vouloir sortir du bassin pour aller plus loin, sans me mettre dans des situations où c’est justement violent, complètement nouveau à chaque fois, le gros challenge, le grand huit permanent, et cetera. Donc à l’époque, j’avais besoin de ça. Je pense qu’il y a peu de milieux en Chine où professionnellement tu en prends autant plein la figure et c’est un pays qui est en plus assez dur quand même. C’est une culture particulière donc tu es quand même toujours un peu dans le combat, tu vois, pour avancer. Et ce pays m’a beaucoup donné, beaucoup d’opportunités. J’ai rencontré des gens incroyables, dont mes associés. Bref, David que j’adore, avec qui je n’ai pas parlé depuis longtemps et, mais voilà, avec qui j’ai fait des trucs incroyables. Mais quand même toujours un peu avec une notion de, voilà, d’acharnement, de surpassement, de choses comme ça, qui m’ont apporté beaucoup, mais qui m’ont aussi, à mon avis, un peu endommagé. Et que j’ai du mal à sortir un peu de ce schéma-là. Et aujourd’hui, comme je disais, j’essaie de garder, ce n’est pas toujours possible, mais de garder d’autres étoiles qui me guident. Notamment plus de calme, ce n’est pas toujours évident parce que je suis toujours, on va dire, un peu excitée. De la joie, j’en ai besoin ; moi j’ai besoin de me marrer profondément, et donc de cultiver ça. Et tout en me disant, ouais, comme je disais, j’aime quand même pousser le statu quo, enfin questionner le statu quo et continuer à faire ça. Si ça répond à ta question.

    Ombeline : Oui, bien sûr. Donc, si je résume, tu m’as dit, alors tu ne me l’as pas dit, mais je l’ai noté quand même, comme clé en fait de… Alors, ce n’est pas forcément la définition de la réussite, mais j’ai noté les clés que tu partageais.

    Chloé : Ouais, c’est ça. On peut en parler. 

    Ombeline : Oui, on va en reparler, il n’y a pas de soucis. C’est les relations, les rencontres et les relations, j’ai l’impression que ça a été clé sur ton parcours.

    Chloé : Ouais.

    Ombeline : La curiosité, le calme, la joie et questionner le statu quo. 

    Chloé : Ouais, c’est vrai que ça me guide beaucoup. Après, voilà, je reviens à toi. Donc ta question c’est sur le succès. Bizarrement, je m’aperçois que j’ai eu longtemps un problème avec le succès financier et en même temps définir mes échecs, pas forcément le succès financier au rendez-vous. Cette espèce de schizophrénie un peu… Pour moi, les gens que j’admire et les entrepreneurs à succès ou les personnalités n’étaient pas forcément celles qui avaient un succès financier de fou. Enfin, les gens que j’admire ne sont pas forcément là-dedans. Et en même temps, je pense qu’on vient d’un pays, et puis moi d’un milieu assez bourgeois, conservateur, même si dans ma famille ils sont super ouverts, où quand même ce qui définit le succès, notamment entrepreneurial, est le succès financier. Donc, la même chose, c’est aussi un truc sur lequel j’ai appris à danser. Mais mes premiers business, pour moi, j’avais envie qu’on me reconnaisse sur, je ne sais pas, sur l’équipe qu’on formait, sur, ouais, trouver des associés qui étaient un peu différents de… Enfin, mes indicateurs de succès n’étaient pas forcément ceux qui étaient on faisait des millions, mais sur des critères que moi j’appelais succès. Aujourd’hui, je pense que c’est un peu la même chose, sauf qu’on apprend à être plus en paix avec le succès financier entre guillemets. On a une vision de l’entreprise démocratique un peu différente. L’objectif ce n’est pas forcément de vendre, c’est d’en faire une chose qui grandit et dont les profits peuvent bénéficier à nous l’équipe, mais aussi à toutes nos parties prenantes et surtout à notre recherche, à notre mission, qui à mon avis est infinie. Mais donc c’est un peu d’être plus confortable aussi avec le fait qu’on peut scaler, on peut gagner beaucoup d’argent, mais que ce n’est vraiment pas, ouais, ce n’est pas l’étoile du nord comme on dit.

    Ombeline : Oui. Et puis, ce n’est pas une finalité. Et c’est plus de nouveaux tremplins finalement. Et peut-être qu’à chaque niveau d’accomplissement, il y a besoin de lui redonner encore plus de sens à cette réussite, et à ce niveau de, voilà, de chiffre d’affaires ou de création de valeur ou…

    Chloé : Exactement. Et pour moi, la réussite aussi elle n’est pas individuelle. Ça, c’est un truc qui me porte en permanence. Je ne peux pas m’auto satisfaire d’une réussite si elle n’est pas collective quoi. Pour nous c’est l’équipe, c’est les clients avec lesquels on travaille, et ça a toujours été comme ça. Ce n’est pas de l’altruisme de Schtroumpfette, c’est vraiment je vois, je sais que j’ai besoin de profiter de ce qui marche avec les gens que j’aime autour de moi, j’ai besoin que mon équipe le sente comme un truc collectif. Et ça, c’est pareil, ça m’a toujours porté. Donc les gens, mon beau-frère qui a aussi monté une boîte, me disait que lui, il avait appris dans sa vie d’entrepreneur que tu as une grosse partie de ton équipe qui sont des passagers, qui viennent et qui sortent. Et je partage aussi ça. Mais c’est vrai que pour moi, le passager, s’il veut rester et s’approprier le succès, il a toujours eu de la place pour ça. Donc, et j’ai besoin d’avoir ce type de format dans les boîtes sur lesquelles je monte, où si tu as envie d’en prendre un bout et de dire que c’est à toi, la mission, l’entreprise elle-même, ce qui fait qu’aujourd’hui quand on a eu des questions cette année de peut-être rejoindre un autre groupe, on a négocié des parts pour toute l’équipe, et ce n’est pas juste des petites BSPCE, des petites miettes, mais c’est vraiment de dire « OK, à quel moment la boîte tu es arrivé ? ». Après il y a mille manières de le calculer. Mais encore une fois, pour moi, une entreprise ce n’est pas la mienne, ce n’est pas mon idée, ce n’est pas à moi à tout prix. C’est très détaché de ça. Je ne sais pas exactement pourquoi non plus. J’ai besoin de construire des choses où les gens, ils mettent leurs pattes, se l’approprient, le déforment à leur manière, apportent leur pierre, tout en respectant évidemment tout ce qu’on a créé, la vision, mais… Donc, encore une fois, le succès se définit vraiment par quelque chose de collectif. Et si au bout du chemin, s’il y a un bout du chemin, tu vois ce que je veux dire, c’était juste moi, je crois que je n’y prendrais quasiment aucun plaisir. 

    Ombeline : Ouais. Et je pense que là est toute ta force, toute ta singularité et peut-être aussi ta vulnérabilité.

    Chloé : Oui, peut-être.

    Ombeline : Ouais. Et… parce que, et tu vois, bon la saison deux (2) du podcast, je le disais en introduction, la saison deux (2) du podcast est féminine, ce qui n’était pas le cas de la première. Et justement, le message de cette saison deux (2), c’est de sortir du clivage « Sensible VS Puissante ». Et je trouve que là, la notion de collectif est vraiment une clé importante parce que c’est ce chemin de l’entrepreneuriat engagé, l’entrepreneuriat à impact, l’entrepreneuriat social et sociétal ou citoyen, pour plutôt reprendre le champ lexical de « Civocracy », c’est apprendre à trouver cette justesse entre le « nous » et le « je », aussi bien au niveau sociétal qu’au niveau interne à l’entreprise. Tu vois ? 

    Chloé : Tout à fait. Ces deux termes en plus, j’aime beaucoup ces adjectifs : la puissance et la vulnérabilité. On me l’a souvent dit que j’incarne un peu ces deux choses-là. Et le fait d’être vulnérable et de le reconnaître, moi je le prends plutôt comme un compliment. Encore une fois, je n’ai pas besoin d’incarner un leader tout puissant, super fort à tout moment. Il y a des moments où c’est dur. Franchement, il y a des moments où c’est même, enfin en tout cas pour moi, ça a été vraiment super dur. Et alors bon, évidemment qu’en tant que CEO tu as quand même une certaine exemplarité. Si tu es en permanence en haut en bas d’une heure à l’autre, c’est compliqué pour les gens de te suivre donc. Mais quand même, quand des membres de mon équipe, de mon entourage me disent que finalement c’est aussi ce qu’ils aiment chez moi, c’est le fait de pouvoir se montrer vulnérable, l’affirmer, je le prends plutôt comme une force. Et même chose d’assumer sa puissance. J’adore ce mot, mais vraiment j’adore ce mot. Le pouvoir, la puissance, c’est aussi de se dire parfois tu es au top et tu te sens bien et tu exprimes vraiment ton potentiel et ce que tu es capable de donner, ta touche et d’aussi pouvoir l’affirmer, le crier. C’est chouette. Ça donne confiance aux autres. Ça fait du bien. C’est bien aussi de l’affirmer. Et pour moi, c’est aussi une des verticales de toute façon, dans mon parcours d’entrepreneur. C’est vraiment de pousser les gens qui m’entourent à exprimer cette puissance. Et ça s’exprime dans le leadership ça, et le leadership ce n’est pas forcément que d’ailleurs au top d’une entreprise, même chose dans mon équipe. J’ai envie, moi j’ai besoin que mes collaborateurs, à des moments ils soient, ouais, ils soient en haut quoi ! Et ils le disent et qu’ils se sentent puissants et qu’ils expriment ce leadership. Ça me stimule autant que quand moi j’exprime ma puissance. Et même chose, la vulnérabilité déjà moi ça me rassure, honnêtement, quand d’autres me disent qu’ils ne se sentent pas bien. Je crois que je t’avais dit ça la première fois qu’on a parlé ; alors en moins élégant que puissance et vulnérabilité. Parfois je me sens au top du… au sommet, et parfois je me sens comme une sous merde. Et…

    Ombeline : Oui, je l’avais noté cette citation que tu m’avais dite.

    Chloé : Ça me rassure un peu que, voilà, autour de moi, il y a des moments où les gens ne soient pas sûrs d’eux, doutent. Je pense que le doute c’est quand même assez important tant qu’on ne reste pas coincé dedans, autant qu’on peut en parler, et ça fait partie du truc quoi. Après, il y a, je pense qu’en grandissant ou en mûrissant, on arrive à être moins ou tout en haut ou tout en bas. Je pense que ça l’entrepreneure de vingt-cinq (25) ans, c’était au top, sous merde, au top, sous merde, au top, sous merde, pratiquement d’un jour à l’autre ou tu vois. Là aujourd’hui, bon, il y a aussi des moments où je te disais je recherche plus de calme, où ce n’est ni l’un ni l’autre. Ça n’enlève pas de la puissance, mais ça permet de ne pas non plus s’éprouver quand tu es en haut, parce que ça prend de l’énergie aussi. Trouver parfois une espèce de vitesse de croisière où en fait tu es aussi bien comme ça, un peu un entre-deux. Ça, je trouve que c’est quelque chose qu’on acquiert avec l’expérience, avec l’âge, et c’est un truc qui est assez confortable aussi.

    Ombeline : Ouais. Et puis c’est aussi la possibilité de ressentir plusieurs niveaux d’émotion tu vois. On peut être down dans une des sphères de notre vie et ça ne nous empêche pas d’être dans la joie ailleurs. 

    Chloé : Exactement. Ouais, ouais. De ne pas aussi se laisser bouffer par sa mission, son travail. C’est peut-être un truc dont on avait parlé aussi. Mais je pense que, peut-être un peu la différence que tu vois quand tu montes une entreprise qui a une mission sociétale, sociale, c’est que tu as un peu tendance à te confondre avec ça. C’est un peu, c’est difficile de trouver la frontière déjà en tant qu’entrepreneur, surtout au début. C’est compliqué parfois de mettre le stop dans ta vie privée. Mais je pense qu’en plus, quand tu essaies de suivre, voilà, une mission qui va au-delà du profit ou juste de la super idée, solution que tu mets en place dans le monde, mais aussi pour changer les choses, c’est dur de ne pas se confondre avec cette mission.

    Ombeline : Ouais.

    Chloé : Et c’est dur de trouver l’entre-deux, et du coup de trouver quand la boîte ne va pas, et cetera, de se dire aussi que le reste peut bien aller quand même et que tu n’es pas obligé d’être au fond du trou, et cetera. Donc, différencier ce qui te porte-toi en tant qu’humain, même si en général ta mission elle fait partie de toi, mais de pouvoir aussi se dire, voilà, il y a de la joie dans plein d’autres choses, et parfois les choses ne marchent pas comme on veut, notamment le travail et la mission qu’on s’est donnée, et c’est comme ça. C’est plus facile à dire qu’à faire, mais je trouve que c’est aussi un privilège de l’expérience, de l’âge, c’est de prendre un peu de distance par rapport à ça.

    Ombeline : Ouais. Et cette notion de frontière en fait entre soi et l’entreprise, ou plutôt la mission sociétale de l’entreprise, on en a aussi beaucoup parlé avec Audrey Bouillet…

    Chloé : Ouais. 

    Ombeline :… dans la première saison. Tu l’avais écoutée ?

    Chloé : Ouais. 

    Ombeline : Où justement on parlait de cette notion d’intégrité du CEO d’une entreprise à mission, dont on a parlé aussi toi et moi, notamment vis-à-vis de la levée de fonds. Et je trouve que c’est un sujet très intéressant parce que c’est peut-être ça, effectivement, le fil rouge de ce chemin d’entrepreneur à mission, de ce chemin d’entrepreneur d’entreprise à mission. C’est d’apprendre à affirmer ses frontières, quelle que soit l’ampleur finalement de l’impact et de l’enjeu et de l’urgence aussi. On parlait beaucoup de l’urgence de la mission avec Audrey, qui elle est sur l’aspect médical et santé des femmes post-opératoires. Et j’aimerais aussi ajouter la notion de citoyenneté parce que je trouve qu’on revient un peu à cette frontière entre « je » et « nous », aussi bien dans ce parcours d’entrepreneuriat que tu nous partages que dans cette notion de citoyenneté, d’engagement. Tu vois, comment trouver la justesse dans tout ça ? 

    Chloé : Ouais, ouais. Écoute, nous c’est vraiment… Je reprends cette notion de base. C’est ce qu’on essaie d’inventer, de réinventer, de questionner, de construire, c’est « Qu’est-ce que peut être la citoyenneté aujourd’hui ? », « Qu’est-ce que c’est que d’être un citoyen dans notre société, au vu de tous les défis auxquels on fait face ? ». Et pour moi, cette citoyenneté, elle peut vraiment s’exprimer dans l’entrepreneuriat, dans le travail, quelle pierre on marque, comment on contribue à la société, et pas seulement en travaillant, en payant ses impôts, même si c’est déjà très, très chouette. Mais il y a, voilà, il y a d’autres manières de se dire, dont j’ai l’impression que c’est une partie de la quête de beaucoup de jeunes. Et ça fait vraiment plaisir de voir comment aussi on peut exprimer dans le boulot qu’on a choisi, comment ça amène une pierre à la société. Et ça, c’est une autre chose qui moi me porte dans l’entrepreneuriat, que j’ai fait, que j’ai exploré de manière vraiment très différente en Chine, c’était beaucoup moins formulé. J’ai eu un bar, donc ce n’est pas exactement le truc qui… ça ne contribue pas à la démocratie, évidemment. Mais disons que la manière dont on a pensé, c’est ce que je disais, c’était de faire travailler des locaux, c’était d’avoir une autre dimension de profit, c’était de contribuer à notre écosystème, c’était de, une partie des profits pour faire profiter des gens. Enfin, ça a toujours été au cœur. Aujourd’hui, c’est différent parce que c’est dans le cœur même de la mission de « Civocracy », l’engagement citoyen et comment le restimuler pour qu’ensemble, en tant que citoyen, voilà, on puisse faire face à ce qui se passe. Pour moi, ça s’exprime aussi, encore une fois, dans le travail. Donc c’est sûr que quand tu décides de bosser pour une boîte, je ne sais pas, qui est « Monsanto », ou quand tu décides de bosser par une boîte qui essaie de résoudre un problème, tu exprimes ta citoyenneté différemment. Et même chose dans ta manière d’être entrepreneur. Si encore une fois ton objectif, je le dis sans jugement ni méchanceté, j’essaie juste de partager un peu ma quête et ma vision, mais quand ton objectif c’est de tout rafler en haut… Bon eh bien voilà, c’est tout ça, ça peut être questionné, il y a quand même… Alors, je ne pense pas du tout que ce sont les entrepreneurs qui vont changer le monde. Je pense que c’est chacun à son niveau. C’est nous citoyens, nous entrepreneurs, nous employés, nous membres du gouvernement, nous politiques, et cetera. Chacun a une pierre magnifique à jouer et on peut exprimer cette citoyenneté de cette manière-là. Donc voilà, pour moi, je voudrais ça, c’est de transformer une personne normale, je dis, ce n’est pas pompeux, mais en une personne qui a envie de se mobiliser un peu dans plusieurs aspects de sa vie. C’est la quête.

    Ombeline : Ouais, c’est ta quête et la mission de « Civocracy ». Ça m’interpelle aussi, tu vois cette notion de citoyenneté et d’intégrité, parce que moi, ce que je vois aussi, et puis tu parles de la Chine, ça peut aussi évoquer ça. Comment l’intégrité des citoyens est respectée ?

    Chloé : La Chine pour le coup, bon voilà, ce qui se passe depuis 2012-2013, c’est super dur à voir et à regarder parce qu’encore une fois, il y avait un peu… c’était long, un peu inverse et de voir que ça a été écrasé dans l’eau, c’est un peu triste. C’est un pays, c’est très dur de rester intègre, où… Alors, encore une fois je ne crache pas, ce pays m’a tellement apporté, j’ai rencontré tellement de gens que j’ai adorés, j’ai pu être entrepreneur avec littéralement 5 000,00 euros à vingt-cinq (25) ans, et mon associé pareil. Donc on a fait des trucs tellement incroyables que je ne crache pas dans la soupe. J’ai fait des choses que je n’aurais jamais pu faire à Paris et ça a bien marché. Enfin, on a eu de la chance et c’est grâce aussi à ce que ce pays nous a autorisé. Mais c’est…

    Ombeline : À cette question, je précise que cette question d’intégrité du citoyen je ne la pose pas envers la Chine, je la pose en fait de façon globale parce qu’en Europe ce n’est pas forcément mieux.

    Chloé : C’est compliqué. C’est compliqué, mais c’est vrai que c’est un pays en plus, voilà, quand même ici, n’oublions pas, même si on a de gros défis à résoudre, on reste quand même dans des démocraties, qui sont certes malmenées, sur lesquelles je pense on a un énorme pouvoir et une super belle responsabilité pour faire changer. Mais on reste quand même dans une démocratie. C’est une base qui est incroyable, qui est fragile, donc il faut la défendre. Mais voilà, on peut choisir, on peut quand même… On a une certaine liberté d’être, de faire, de créer, et ce n’est pas le cas dans beaucoup de pays, dont la Chine, et c’est une différence fondamentale. Donc oui, l’intégrité du citoyen aujourd’hui, elle a été énormément malmenée. Encore une fois, on a chacun une responsabilité.

    Ombeline : Bien sûr.

    Chloé : Et moi j’adore ce terme de responsabilité. Même chose en tant qu’entrepreneur, en tant que citoyen, parce que la responsabilité c’est ça la puissance. 

    Ombeline : Et puis c’est quand tu prends cette responsabilité que tu deviens citoyen. 

    Chloé : Donc cette démocratie il faut la faire évoluer, il faut la préserver, il faut avoir envie de la préserver et je pense qu’elle a vocation à se redéfinir, se transformer. Donc je vois plutôt naturellement le verre à moitié plein donc j’espère que voilà, c’est le moment et que petit à petit ça va se faire, mais ce n’est pas gagné. Donc oui tu as raison. L’intégrité du citoyen de nos démocraties est fortement chamboulée. Est-ce que ce n’est pas aussi l’opportunité justement de le redéfinir, de le refaçonner pour que ce soit plus en phase avec ce qui nous bouscule aujourd’hui ? Ouais, je pense que oui. 

    Ombeline : Et puis ça nous pousse à reprendre notre pouvoir en fait, à reprendre notre pouvoir, à reprendre notre responsabilité, et à se questionner sur, effectivement, mon intégrité, elle est où.

    Chloé : Exactement.

    Ombeline : Ouais. Qu’est-ce que… Attends, j’avais noté aussi… On parle de puissance, on parle de citoyenneté, on parle d’intégrité. Ça serait quoi d’après toi un peu le fil rouge de tes quatre (4) entreprises ?

    Chloé : Oh la la ! J’ai fait des trucs tellement différents. Le fil rouge, je ne sais pas. Moi j’ai l’impression que je suis une opportuniste incroyable, dans le sens où j’avance et je, il y a des trucs qui, alors, qui se posent et que je saisis, et d’autres que je laisse, et ce qui me mène toujours au truc d’après, plus ou moins entier, en un seul morceau. Le fil rouge, c’est le désir, c’est la joie. Ce qui m’apporte du kiff c’est, comme je le disais, un peu le dépassement de soi. Je pense que même si aujourd’hui j’essaie d’être moins dans l’acharnement et le surpassement à tout prix, j’ai quand même besoin de faire repousser un peu mes limites et de voir, enfin, j’ai besoin de nourrir mon esprit et plein de choses avec des choses. C’est, ouais, je dirais désir, joie et curiosité. C’est le fil rouge de ces choses, qui donne envie d’aller plus loin.

    Ombeline : Il y a le mot appartenir qui me vient.

    Chloé : Alors, ouais. Je pense qu’il y a derrière tout ça un grand besoin d’exister quand même, et de trouver ma place. Un besoin d’être reconnu, d’être aimé. Donc ça aussi ça m’a fait beaucoup gesticuler d’énergie. De… Ouais, c’est ça, c’est bizarre, c’est cette nuit blanche de dire tu n’admireras plus jamais, s’il y a un truc qui te fait rêver, tu le fais quoi. C’est un peu à mi-chemin entre, ouais, ce besoin un peu d’être là, d’exister, d’être reconnu, qu’on me dise « Ah, tu es géniale ! », et en même temps de me dire que je peux le faire et que pourquoi pas, si j’ai envie vas-y, autorise-toi à prendre cette place-là et à dire que toi aussi tu peux le faire. Le besoin d’exister, même chose. Je trouve qu’en grandissant, tu essaies de le tourner vers un autre truc. C’est que tu existes déjà, donc tu n’as pas besoin de cette reconnaissance à tout prix. Le kiff, il peut être aussi dans, c’est ça, c’est exprimer sa puissance, se trouver à sa place sur les femmes entrepreneures. On parle souvent du syndrome de l’imposteur. C’est de se dire non je suis là et, je ne sais pas, je l’ai mérité si je suis à ma place. Et ça ne veut pas dire que je ne doute pas. Et ça ne veut pas dire qu’il y a des trucs que je fais moins bien. Mais je suis là parce que j’ai décidé de l’être, parce que la vie m’a apporté ça et que du coup j’y vais à fond. Appartenir, appartenir, eh bien oui, c’est ce que… C’est vrai que c’est intéressant ce que tu dis. Quand je te disais dans ma bio, mes business et tout ce que je fais, c’est ancré dans la communauté, c’est-à-dire que moi j’ai besoin de bosser en écosystème. Donc, tu vois par exemple là, on est dans un secteur qui s’appelle la Civic Tech. J’ai besoin d’être auprès de mes copieux de la Civic Tech. J’ai besoin de m’entourer de femmes entrepreneures. Tu vois, il y a une notion de droit et de communauté, d’être au sein d’un truc où je me sens bien et où j’ai l’impression que j’ai un truc à apporter et à prendre. Si c’est ça qui te titillait dans le mot appartenir.

    Ombeline : Ouais, ouais. Ouais, il y a vraiment… Je ressens beaucoup cette énergie de lien, de rencontre, de…

    Chloé : Ah moi je ne kiffe pas toute seule. 

    Ombeline : Ouais.

    Chloé : J’ai beaucoup besoin de solitude, mais je ne prends pas de plaisir à être en haut toute seule je… Ou en milieu d’ailleurs parce que je ne suis pas en haut, mais tu vois ce que je veux dire, c’est… Ouais, j’ai besoin que ça se vive en collectif, j’ai besoin de taper dans la main des autres pour me sentir vraiment heureuse. 

    Ombeline : Ouais. Effectivement, il y a vraiment cette notion de collectif qui est très forte ; parce que même un bar c’est un lieu de rencontre en fait.

    Chloé : Je ne comprends pas ceux qui ne sont pas là-dedans. C’est clair que l’entrepreneuriat social n’intéresse pas tout le monde. L’entrepreneuriat n’intéresse pas tout le monde. Mais il y en a d’autres qui vont pour, des raisons, voilà, de succès financier, de reconnaissance. Et le collectif, ce qu’on en retire, c’est enfin, pour moi c’est tellement énorme en fait que ça m’interroge beaucoup de me dire une fois que tu as raflé ta mise, pourquoi c’est cool quoi, tu es avec qui ? C’est bien tout ça que j’ai… Ce n’est pas du tout ma manière de fonctionner.

    Ombeline : Je pense que c’est une grande force aussi d’avoir déjà cette conscience du collectif et de se sentir porté. Moi j’entends aussi des gens, même des personnes qui sont ouvertes spirituellement, et cetera, qui ont peur du collectif, parce qu’il y a comme un risque pour leur intégrité, pour leur énergie, pour leur bulle, tu vois.

    Chloé : C’est sûr que ça prend plus de temps. Et qu’il y a des moments, même moi, en tant que dirigeant d’une boîte, c’est sûr que ça irait plus vite si je dis c’est comme ça, on fait ça, on fait comme ça. Mais, encore une fois, si tu arrives à t’entourer de gens qui sont sympas, intelligents, passionnés, je ne vois pas l’intérêt de ne pas leur demander, de ne pas le faire ensemble en fait. Mais c’est, encore une fois, c’est pour moi d’une telle évidence que je, voilà, le tempérament « Petit chef » me dépasse complètement. Et par contre oui, c’est que, la différence c’est que je sais que derrière ça aussi c’est un besoin de reconnaissance et d’être accepté. Donc c’est en grandissant tu laisses un peu de côté pour finalement dire, le pendant positif, l’opportunité de ça, c’est au contraire d’apprécier à plusieurs, de redistribuer, de partager. Et en fait ça t’apporte aussi un confort de dingue parce que les crises qu’on a traversées, si tu es le petit chef, mais tu es seul quoi, tu n’as personne avec toi. L’avantage d’avoir un, une mission qui dépasse toi, donc qui voilà, qui… enfin, le bien commun, ce n’est pas le mot que je veux, c’est pour avoir une mission sociétale, sociale, c’est que les gens, d’autres personnes peuvent se l’approprier, donc ils viennent te suivre toi et ton leadership, mais en fait ils viennent vraiment suivre la vision. La deuxième, c’est que quand ils s’approprient le truc, toi, ça te laisse aussi la liberté quand tu es au fond du trou, quand tu es moins aussi au top parce qu’il y a des jours aussi ta créativité elle part, enfin des jours, parfois c’est des mois, tu laisses un peu les clés au reste quoi. Et eux, ils se sentent à leur place aussi et ils font avancer le truc. Mais ça, c’est d’un confort, c’est fou. Et ça t’apporte tellement. Donc il y a des moments où c’est toi qui es le moteur et tu as la pêche, mais c’est parce que peut-être il y en a d’autres qui le sont moins, mais l’inverse est aussi vrai. Et là, moi je n’arrive pas à croire encore aujourd’hui à cette équipe qui, puis de on est sept, neuf… Alors, on a déjà été plus nombreux. Il y a d’autres moments dans l’équipe, c’était beaucoup moins fluide. On a moins réussi à trouver cet équilibre. Il y en a qui étaient super frustrés. Enfin, on pourrait même y revenir aussi, mais, en tout cas depuis quelques années, c’est d’avoir laissé cette place, de permettre aux gens d’avoir l’honneurship, la responsabilité, la croissance personnelle, mais c’est un confort de dingue. Encore une fois, c’est vraiment un confort énorme parce que… Alors oui, on questionne ton leadership, oui, tu vois, on ne te met pas sur ton petit trône et que de temps en temps tu aimerais bien être un peu la reine des abeilles parce que…

    Ombeline : C’est marrant que tu dises ça.

    Chloé :… tu as quand même un peu d’égo, mais en soi, encore une fois c’est quand toi tu n’es pas au top de ton game, quand, plein de choses, eh bien les autres quoi ils sont là, ils prennent leur place. Quel kiff aussi de les voir exploser là-dedans, c’est vraiment génial. Et ça, ça me drive, et ça me… Pardon, je mets plein d’anglais, mais ça me porte autant. Et ça, je trouve que c’est un truc… Eh bien que j’aie aussi envie de donner l’étincelle donc, le petit plaisir d’être au top ne peut pas être surpassé par celui d’avoir des gens autour de toi avec qui tu permets d’exprimer qui ils sont et d’exploser. Et puis il y a des jours où c’est un peu toi, il y a des jours où c’est un peu d’autres. C’est génial. C’est top. 

    Ombeline : C’est marrant que tu parles, enfin, que tu fasses allusion à la reine des abeilles parce que c’est exactement les abeilles auxquelles je pensais depuis tout à l’heure. Depuis qu’on parle d’appartenir, d’appartenance, j’ai cette image de ruche.

    Chloé : Mais c’est vrai que ça apporte une certaine satisfaction, si tu es haut sur ton LinkedIn, tu es invité sur des conférences, en plus aujourd’hui tu es female leader. Voilà. Il y a des choses où il y a, on ne va pas se mentir, il y a… En plus si tu portes une mission comme nous tu as quand même une certaine reconnaissance de pair que toi tu admires aussi. Donc ça, ça apporte du plaisir, ça nourrit, ça caresse un peu ton égo, évidemment. Évidemment. Mais…

    Ombeline : Et puis il n’y a rien de mal à caresser un peu son égo.

    Chloé : Voilà. Exactement. Il y a des moments où tu es un peu là pour le fame aussi tu vois. Mais si ce n’est que ça qui te porte, je pense qu’il y a un moment où tu te ramasses vraiment beaucoup ; parce qu’encore une fois, dans un cheminement d’entrepreneur, ce n’est pas tout lisse.

    Ombeline : Ouais.

    Chloé : Ce n’est pas tout lisse. Et que si ton kiff c’est d’être la reine des abeilles, tu es tellement malmenée, et… 

    Ombeline : La reine des abeilles sans les abeilles, elle n’existe pas.

    Chloé : Exactement. Donc, parfois c’est toi, parfois c’est l’autre qui devient la reine et tant mieux. 

    Ombeline : Ouais.

    Chloé : Et ça, ça permet d’avancer. C’est vraiment…

     Ombeline : Il y a aussi cette notion de… Depuis tout à l’heure, il y a genre dix mille (10 000) choses qui me viennent et voilà. Mais, tu vois, c’est comme si la reine des abeilles, la reine des abeilles, je ne la vois pas à travers toi, je la vois à travers l’entreprise, c’est comme si c’était l’entreprise qui était la reine.

    Chloé : Eh bien ça fait plaisir.

    Ombeline : Tu vois toutes les personnes qui gravitent. Et ouais, il y a cette notion, on a parlé de la notion de la puissance, et il y a aussi évidemment la notion de la puissance du collectif qui ne peut pas exister sans la puissance individuelle finalement. Ça se nourrit, tu vois.

    Chloé : Ah ouais, ouais. C’est le number. Définitivement. C’est le moto interne de « Civo ». C’est ça. Et le succès c’est quand il y aura des millions de citoyens, des millions d’organisations qui ont envie de mettre ça, le pouvoir du collectif quoi. C’est beau. 

    Ombeline : Ouais. Et alors, pour passer un peu à l’autre polarité, tu parles beaucoup de la violence aussi, de la violence notamment de l’entrepreneuriat. Est-ce qu’il y aurait un moment où tu aurais dit stop pour justement basculer vers les clés aussi aujourd’hui que tu as partagé qui sont la curiosité, le calme, la joie, le questionnement du statu quo, mais d’être dans le dépassement sain finalement, d’être dans ton intégrité ? Est-ce qu’il y a un moment où il y a eu un point de bascule où tu as dit stop ? 

    Chloé : Alors, j’ai eu envie d’arrêter plusieurs… Voilà, je me suis posé la question plutôt plusieurs fois si je devais continuer et de pas savoir en fait pourquoi tu continues. Il y a vraiment eu des moments où j’étais la seule à y croire. Et puis tu vois quand tu es… Il y a eu des moments où « Civocracy », voilà, on a mis du temps à trouver notre business modèle. Et puis ce n’est pas que le COVID. Je ne peux pas me cacher derrière parce que déjà avant il y a eu des moments très compliqués. Le COVID a été une des autres choses compliquées. Mais voilà, c’est… Et je pense que dans l’entrepreneuriat social, il y a très peu de, entre guillemets, de personnes qui arrivent à trouver le point de bascule qui fait que tu n’es pas là et que tu survis, mais tu existes et tu grandis. C’est compliqué, c’est tu essaies de résoudre des choses qui n’existent pas encore, et cetera. Donc, plusieurs fois je me suis dit « Pourquoi tu continues ? ». Je ne sais pas m’arrêter moi, c’est vraiment mon problème, je ne sais pas faire, tant qu’il y a de l’espoir, tant qu’il y a un truc, j’y vais. En revanche, il y a eu un point de bascule et là encore, c’est souvent la nuit. Et ce n’est pas toute seule, c’est grâce à… Enfin, j’ai un moment dans le podcast où je voudrais dire le nom des gens qui…

    Ombeline : Oui, bien sûr.

    Chloé :… m’ont soutenu, qui ont été là, qui m’ont entendu pleurer, douter, répéter cent cinquante (150) fois la même chose. Mais il y a eu un moment par contre, et ça, c’était il y a deux ans. Il y a eu une partie de personnes un peu nuisibles, notamment dans les investisseurs qui pensent te faire du bien, mais qui en fait t’écrasent, que voilà, qui ont pu partir, parfois un peu dans la douleur. Il y a eu une partie de l’équipe qui n’était pas bien, et… enfin eux qui se sentaient mal et du coup voilà. Il y a eu un moment où ça a tout été un peu compliqué, et puis ça s’est apaisé. Mais surtout il y a eu ce point de bascule où je me suis dit « Plus jamais, plus jamais tu ne feras de ta vie une insomnie à cause du boulot. Ça ne vaut pas le coup », et c’est bizarre, mais ça a marché. Bon, je ne dis pas que je dors tous les soirs comme un bébé, je ne dis pas que tous les jours je suis en position du lotus, à léviter à deux (2) mètres du sol, parfaitement calme et avec un petit sourire, évidemment. Mais ce truc d’intégrité où tu dis en fait il y a un moment où c’est juste que c’est complètement stupide que ça te bouffe comme ça. Enfin, qu’est-ce qui te bouffe déjà ? Pourquoi tu te laisses submerger ? Pourquoi le… Le tsunami tu le crées un peu toi. Donc oui, il y a le COVID, oui il y a plein de trucs tu vois, mais en soi, on se calme tu vois. Tu ne résous pas, tu ne dois pas trouver le vaccin du COVID pour demain. Il y a des trucs où si ça ne marche pas comme tu veux. S’il y a trente mille (30 000) mécontents autour de toi pour des raisons, il y a aussi soixante mille (60 000) contents. Donc d’apprendre à se focaliser sur le bon déjà, de ne plus se prendre la tête et se faire des nœuds au ventre et au cerveau. Et ça, ça a été un… Je ne peux pas dire pourquoi. C’est un peu comme la nuit blanche à vingt-quatre (24) ans en me disant je veux une autre vie, de ce truc de me dire non, mais ton boulot, tu peux apprendre à t’investir. En fait, on sait que tu es engagé, c’est bon, on n’a pas besoin qu’en plus, tu vois, tu perdes tes cheveux. Personne ne te demande ça. Et c’est toi qui…

    Ombeline : Ouais. Et c’est justement, est-ce que, parce que tout à l’heure tu disais que l’entreprise n’était pas à toi.

    Chloé : Oui.

    Ombeline : On sent qu’il y a, effectivement, il y a… Tu es comme missionnée par autre chose, il y a quelque chose de plus grand qui te porte. Et donc à un moment donné sur ce chemin que moi j’appelle initiatique de l’entrepreneuriat, tu te dis OK, donc si c’est quelque chose de plus grand qui me porte, ce quelque chose de plus grand il va aussi me porter moi.

    Chloé : Ouais, ouais. Et puis encore une fois, enfin, je l’ai choisi, je ne bosse pas pour… Je ne suis pas obligé. Mon entreprise ne fabrique pas des aspirateurs, tu vois. J’ai décidé de faire un truc qui est génial, qui permet d’avoir une équipe géniale, des clients que j’adore, comme je disais, des copieux entrepreneurs activistes qui font des trucs de fou. C’est ça qu’il faut voir. Le reste, c’est… Et puis de se rappeler, enfin, honnêtement, moi je trouve que, en tout cas, moi je suis dans une partie, une tranche du monde extrêmement privilégiée, extrêmement privilégiée, même si on a tous eu nos lots de soucis, de souffrance et tout, donc on se calme, on remet les choses en place et on avance et on fait avec joie. Et d’ailleurs, le moment où tu replaces un peu ça, tu prends un peu de distance, tu reprends un peu ton sens de l’humour aussi, puisque ça c’est… Tu t’entoures de gens qui te montrent un peu ça aussi, donc tes collaborateurs, ta famille, et cetera. Même si la famille ce n’est pas toujours simple parce qu’eux, quand ils te voient souffrir, ils ont envie de te dire « Mais en fait arrête », et donc ce n’est pas forcément les conseillers les plus avisés autour de toi en tant qu’entrepreneur. C’est une autre forme de soutien indéfectible qui sait que tu ne dormiras pas sous un pont si jamais ça foire, tu vois. Et, j’ai perdu le fil de ma pensée. Oui, de se dire, il faut quand même prendre conscience que tu as choisi cette place d’entrepreneur.  

    Ombeline : Ouais.

    Chloé : Puis il y en a qui… Enfin, j’en ai eu pour le coup des collaborateurs, Vitty, elle vient du Venezuela, elle a zéro matelas de sécurité. Donc elle, si elle ne bosse pas, enfin, c’est mort quoi, ce n’est rien, c’est : elle doit se débrouiller tout par elle-même dans un pays qui est compliqué, donc elle est là, c’est à la force du poignet. Moi je n’ai pas ça. Donc, ça n’empêche pas que tu prennes les choses à cœur et que de temps en temps on est humain et que tu es là « Ah ! Pourquoi moi ? ». Mais, en soi, de se souvenir encore qu’il faut mettre ce mot de joie, de le remettre un peu au centre, tu vois, l’église au milieu du village.

    Ombeline : Ouais c’est ça. Et puis relativisé aussi et…

    Chloé : Et depuis ça marche, mais tout marche tellement mieux. Je te disais on a triplé nos chiffres d’affaires. Alors il y a un peu de ça, un peu de fait qu’aussi eh bien après six ans tu pivotes, tu trouves d’autres solutions, tu te fais ton nom, le COVID est passé, tu as réajusté. Enfin tout ça, c’est aussi la créativité dont on a fait preuve. On bosse, on est hyper concentré. Je pense que l’équipe, on a aussi… On bosse bien quoi, évidemment. Mais je pense que le fait d’avoir un peu tu vois, soufflé, remis les trucs, repris un peu de distance par rapport à tout ça, enfin… D’ailleurs, si certains osent dire, mais déjà pourquoi elle s’est fait des nœuds au cerveau à ce point-là. C’est facile parfois de se perdre un peu là-dedans, parce que… 

    Ombeline : Et puis c’est ce que tu disais tout à l’heure, c’est aussi se sacrifier pour sa mission. 

    Chloé : Tu es un peu submergée, tes problèmes de physique, tu étais voilà parfois… 

    Ombeline : Et puis on est quand même aussi dans un paradigme de souffrance. Donc il faut réussir à sortir de ce truc de j’existe à travers la souffrance. 

    Chloé : Un peu ouais. Mais exactement. Et puis d’écouter ceux qui… il y a des gens qui sont très forts pour critiquer. Et en fait tu écoutes un peu qu’eux, et qui je disais, encore une fois, qui pensent te faire du bien, mais en fait c’est un peu de, tu vois, c’est un peu de condescendance ou de paternalisme mal placé. Moi je suis un peu sensible parfois à ça. Alors qu’en fait, tu as beaucoup plus de gens, si tu es malin, qui te portent, qui te font avancer, qui te montrent, voilà, là où tu es forte et où ça se passe bien. Et ça, il ne faut pas le perdre. Et parfois, on se laisse un peu avaler par le tsunami et tout te paraît un peu insurmontable. En revanche, de ce que je vois quand même, c’est que, ouais, il y a peut-être une petite partie un peu abîmée qui est un peu dure à réparer parfois, tu vois, après vingt (20) ans d’entrepreneuriat.

    Ombeline : C’est ça, ouais.

    Chloé : Peut-être un peu plus usée. Et ce n’est pas que l’entrepreneuriat, mais un peu dans… Je le vois un peu chez mes copains activistes. Passer quarante ans… 

    Ombeline : Ouais. Il y a un moment où tu te dis… puis tu te dis j’ai juste envie d’être en paix.

    Chloé : Ouais voilà, un peu. Et d’ailleurs ce n’est pas une mauvaise chose. C’est pour ça que construire tes forces sur le collectif où finalement il y a une partie du flambeau ou tu sais de la flamme, tu te dis qu’il y a peut-être des gens…

    Ombeline : Que tu partages.

    Chloé :… beaucoup plus jeunes qui vont arriver. Et toi tu sais aussi que ton énergie il faut la mettre un peu différemment. Ouais. Donc c’est pour ça que si on peut se réveiller un peu avant, et je parle pour les entrepreneurs sociaux ou activistes, d’être dans des choses un tout petit peu moins à cœur dès le départ.

    Ombeline : Ouais. Et puis toujours mettre sa paix, son bien-être, son intégrité, au cœur en fait, en priorité.

    Chloé : La paix, c’est se marrer un peu quoi.

    Ombeline : Ouais.

    Chloé : Encore une fois, il y a ceux qui habitent en Syrie sous les bombes et il y a nous, et enfin tu vois c’est encore un point plus compliqué que ça. Mais ce que je veux dire, c’est qu’en fait la place, le choix d’entrepreneur est quand même un truc qu’on a choisi, que parfois tu subisses un peu parce que tu as une responsabilité, que tu ne t’arrêtes pas du jour au lendemain, et surtout je pense que quand tu es entrepreneur social, tu prends très au sérieux, donc tu ne t’arrêtes pas. Enfin, tu ne t’arrêtes pas du jour au lendemain. Parfois tu es un peu pour le subir, mais c’est quand même si tu as choisi, c’est génial. Là aussi c’est de la puissance quoi. Et il faut voir comment tu peux l’exprimer au mieux.

    Ombeline : Carrément. Et puis, je trouve que c’est important aussi ton témoignage parce que ça montre à quel point, à chaque étape, c’est une nouvelle autorisation que tu te donnes.

    Chloé : Ouais. C’est vrai.

    Ombeline : Est-ce que tu aimerais ajouter autre chose à propos de cet entrepreneuriat citoyen ? Ton expérience aussi peut-être des levées de fonds, et cetera, parce que je sais que ça a été un moment important aussi. Qu’est-ce que tu aimerais ajouter ?

    Chloé : Alors, peut-être, je ne sais pas si entrepreneuriat et faire une levée de fonds il faut forcément les mettre dans le même panier. Mais nous on est passé par un accélérateur qui s’appelle « Startupbootcamp » à Amsterdam. Donc on a été éduqué très vite à la « Start-up Nation ». Et ça a été du très bon et du très mauvais. C’est-à-dire que ça nous a appris… D’une part, ça nous a appris à voir très grand, du scale level, à avoir envie de construire une solution que tu puisses répliquer, faire grandir, aller vite, et cetera. Ça te met dans un certain mindset, état d’esprit, qui a été génial, qui nous a permis de pousser un peu… Parfois… Moi, je ne venais pas du tout de ce milieu. J’ai fait des petits business avant, qui n’avaient pas du tout vocation à s’étendre dans des milliards de villes. Tu vois ce que je veux dire ? Ça, ça a été génial, hyper porteur, ça reste quand même de l’innovation. Et l’innovation, ça nécessite du financement que tu ne trouves pas forcément avec tes clients tout de suite. Donc ça nous a permis de trouver des investisseurs qui croient en ta vision, qui croient en ton business et qui te permettent de faire ta recherche, de le développer. Donc ça, c’est un côté qui a été super. En revanche, ça te met dans un certain mindset qui je pense… Bon nous, on ne venait pas non plus tout à fait, c’est-à-dire que l’innovation sociale et à l’époque nos clients étaient surtout les gouvernements, ce n’est pas le même rythme que quand tu fais de la Fintech, j’imagine. Ça va moins vite, ça demande un certain degré d’appropriation, c’est de l’acculturation, c’est certainement cinq (5) ans trop tôt. Enfin, tout ça fait que tu es dans les rails d’une start-up et que les gens auprès de qui tu lèves des fonds, même s’ils se disent investisseurs à impact, ont dans la tête les mêmes KPI qu’une start-up, auxquels tu ne peux pas répondre. Donc en fait, tu es à la fois dans ta, tu vois, dans ta roue de hamster, mais c’est une roue de hamster donc tu cours, tu cours, tu essaies de délivrer, tu vois, une vélocité, mais de malade mental, que tu en fait tu ne délivres pas, tu ne peux pas. Donc, alors pour le coup, moi je ne connais pas la nostalgie, je suis incapable de regretter le passé puisque tout est apprentissage. Ce qui m’intéresse, c’est ce qu’il faut changer maintenant et pour le futur. On a beaucoup appris, un peu à nos dépens. On a perdu du temps. Aujourd’hui, ce que je trouve génial, c’est que tu as de plus en plus ou de fonds, d’investisseurs, mais aussi d’entrepreneurs, d’entreprises qui changent le statu quo. Il y a mille (1 000) manières de monter une boîte. Il y a mille (1 000) manières de scaler. Tu as plusieurs chemins et que tu peux grandir, mais tu n’es pas obligé de grandir comme un malade, très vite. Il y a aussi un certain rythme. Tu as d’autres investisseurs qui ont d’autres KPI et peut-être que si tu éduques ton marché, tu l’exprimes mieux, ils vont quand même te faire confiance et tu vas pouvoir grandir. Je ne mettrais pas la citoyenneté là-dedans en fait. Pour moi, c’est vraiment plus tous les débats entre entreprises à mission B Corp. Pour moi, je trouve que c’est un premier jalon qui n’est pas assez intéressant. Il y a des gens qui bousculent le statu quo du monde de l’entreprise, d’une forme de capitalisme, notamment le mouvement Zèbre aux États-Unis, la purpose foundation et ses idées de Stuart, ownership, en Allemagne, qui sont hyper intéressant. Enfin moi qui m’exalte complètement, qui justement disent tu peux fabriquer des entreprises, mais qui cartonnent, mais dont, encore une fois, la valeur qui est produite n’est pas concentrée sur un petit morceau, mais nourrit ta vision et mieux redistribuer, leur permettre de grandir, d’avancer, d’avoir de gentils pilotes qui partent, de nouveaux pilotes, et cetera. Donc moi c’est un peu ce que je te disais dans ma vie d’entrepreneur. Tu as la mission de « Civo » qui me porte et qui fait que c’est mon petit puzzle quotidien. Tu as d’explorer de nouvelles manières de vivre une entreprise, de développer une entreprise et je trouve qu’on est dans une période fabuleuse. Et ma dernière verticale, c’est la tech ; de se dire aujourd’hui quand tu mets et je ne suis pas à la salle heureusement, il y en a beaucoup, quand tu mets la tech au service de l’humain, pour nous donc de la citoyenneté, comment ça peut contribuer, comment tu mets ta recherche et développement par pour inciter des gens à photographier leurs muffins, mais à faire ce truc. Qu’est-ce qu’on pourrait faire de mieux ? Voilà. Ce sont ces trois choses-là que j’explore.

    Ombeline : Et justement, quand la citoyenneté prend plus d’ampleur, qu’est-ce qui devient possible dans le monde ? 

    Chloé : Encore une fois, il faut être déjà très persuadé que sans démocratie il ne se passera rien. Donc, tu vois, tu regardes un défi aujourd’hui qu’on ne peut plus contourner qui est le réchauffement climatique, enfin, le changement climatique. Le débat a été un moment. Est-ce que tu fais dans une dictature verte tu prendras peut-être des choix plus radicaux pour imposer les changements dont on a besoin ? Ou dans une démocratie où ça prend forcément plus de temps puisque personne n’est d’accord, mais au moins les solutions sont plus ou moins concertées, voter et cetera ? Ça prend peut-être plus de temps, mais… Donc déjà le prérequis de base c’est qu’on veut préserver nos démocraties, et qu’elles ne sont pas acquises et qu’on veut poser ce cadre. À partir de là, qu’est-ce qu’il faut changer ? Et ce qu’on essaie de bousculer, c’est qu’aujourd’hui d’être citoyen, ce n’est plus de mettre ton vote dans l’urne tous les quatre (4) ou cinq (05) ans, mais c’est de reprendre sa place dans la société. Ça peut être sur plein de choses différentes ; ça peut être une meilleure information ; ça peut être contribuer à la vie de la communauté ; ça peut être donné ton avis sur des sujets qui te concernent ; ça peut être… Voilà, c’est s’engager. Il y a plein de choses et il y a plein d’entrepreneurs de la tech, mais pas que. D’ailleurs, il y a plein d’entrepreneurs sociaux qui ont pris plusieurs morceaux de ce puzzle. Nous on a choisi la participation, on a choisi le storytelling, donc c’est pour nous deux choses super importantes. Comment tu crées de nouveaux imaginaires et tu racontes des histoires où en tant que citoyen on a un pouvoir, on peut changer. Et donc on apprend aux organisations à plus se mettre elles en tant qu’héroïnes de l’histoire de leur communauté.

    Ombeline : On fait un petit clin d’œil à Céline Steyer, de nouvelles héroïnes, du podcast Nouvelles héroïnes.

    Chloé : OK, j’irai voir. Et la deuxième, c’est comment tu mets à disposition, et il y a encore beaucoup de preuves à faire, c’est encore très critiquable, oui je sais, mais comment tu mets à disposition, tu inventes de nouveaux processus qui facilitent cette participation et cet engagement, sur le terrain, dans la tech, et cetera, en politique, mais pas que, dans l’éducation. Enfin tu as plein de… Et voilà, c’est un prisme qu’on a choisi.

    Ombeline : Mais en fait Chloé, ma question peut paraître stupide, mais en quoi c’est important la citoyenneté ?

    Chloé : Eh bien encore une fois, c’est de se dire est-ce que face au défi anxiogène auquel on fait face, de populisme, de désinformation, de changement climatique et plus, plus, plus, est-ce qu’on remet nos mains ou notre destin aux mains d’une petite partie ou est-ce qu’on s’associe ensemble pour inventer une nouvelle société et trouver des solutions ? Donc ça, c’est ça la citoyenneté. C’est de se dire j’ai de la puissance.

    Ombeline : Ouais, voilà.

    Chloé : Je pense qu’il n’y a pas d’autres moyens. Par contre, il y a mille (1 000) manières de penser à la citoyenneté. Et nous on explore, on essaie de faire un truc, mais encore une fois, c’est pour ça que je disais qu’il y a une notion d’écosystème.

    Ombeline : En fait, il y a… C’est comme pour la citoyenneté permet de rééquilibrer le pouvoir.

    Chloé : Ouais. Alors, oui, permet en tout cas de l’exprimer à plusieurs niveaux. Tu vois, c’est marrant, il y en a qui voient le pouvoir dans la politique, il y en a beaucoup qui le voient dans les entrepreneurs. Ça aussi, ça m’échappe. 

    Ombeline : C’est l’argent. C’est l’argent. 

    Chloé : Voilà. Ah tu te dis allez les corporates vont changer le monde, l’entreprise a un pouvoir de changement. Oui. Mais aussi le politique. Et c’est aussi ça qui me pousse. Pour moi tu as… Dans mes potes entrepreneures qui remettent le pouvoir, tu en as qui le font sous l’éprise d’inventer de nouvelles leaders politiques. Coucou Alice et Lisa ! Il y en a pour qui c’est donc par le biais de l’entreprise, donc tu as tous ceux qui créent ce chemin autour de l’entreprise, la mission B Corp, Stuart, Honneurship et tout. Tu as ceux qui sont et la société civile qui sont plus sous le prisme du citoyen, des organisations, et cetera. Et je pense que c’est, tout ça a raison en fait. Donc c’est oui rééquilibré en se disant… En fait, on est rarement citoyen. Tu es mère de famille, tu es employé ou salarié, tu es habitant ou habitante d’un quartier, d’une ville, d’un pays, d’un tu vois, et ta citoyenneté, elle s’exprime à travers tout ça. Tu vois ce que je veux dire ? Moi je ne me réveille pas le matin en me disant « Je suis une citoyenne », tu vois. Je me dis, à six heures et demi, je réveille mes enfants, je suis une mère de famille et c’est comme ça que j’essaie d’exprimer ma citoyenneté. Une heure après, c’est au taf en tant que CEO, c’est dans mon écosystème Civic Tech, je suis une parmi d’autres. Enfin, tu vois ce que je veux dire. Donc c’est pour moi la citoyenneté, c’est comment elle s’exprime à travers des petites tranches de vie et de rôle qu’on a. Et c’est là-dessus. Donc, ça s’exprime dans les choix qu’on fait et dans les petites casquettes qu’on prend à différents moments. Je ne sais pas si c’est…

    Ombeline : Oui, tout à fait. C’est très clair et je te questionne là-dessus aussi pour montrer à nos auditeurs à quel point c’est un effet miroir entre la mission de l’entreprise et ton fil rouge et ton parcours de vie à toi, tu vois, toute cette notion de citoyenneté et de puissance et de pouvoir et de collectif. C’est hyper inspirant de voir à quel point c’est autant la mission de « Civo » que finalement ton parcours à toi.

    Chloé : Et surtout, mais quel plaisir ! Encore une fois, ce n’est pas que waouh elle a engagé et tout, c’est de… Là-dedans, si tu rencontres des gens, mais tellement sympas, tellement passionnés, tellement incroyables, c’est juste vraiment il y a un truc, mais qui te nourrit, qui te booste, tellement créateurs, créatifs. Tout ça fait que tu te mets quand même dans un écosystème parfois ouais c’est difficile, ouais, encore une fois, il y a moins d’argent disponible, tu vends des solutions, c’est du « nice to have », ce n’est pas encore tout à fait du « must have », donc tu as beaucoup d’éducation, tout ça ouais, ouais, c’est sûr que ce n’est pas la chaussure qui peut peut-être marcher tout de suite, mais sur le long terme, et même je pense que le moyen et le court terme, il y a des moments de vibration, mais de pouvoir où tu es, c’est surkiffant, vraiment. C’est surkiffant. Ce n’est pas tout le temps évidemment, mais c’est… Je te dis, c’est des gens autour moi qui font des trucs, je me dis « Mais c’est génial ! », et j’ai trop de la chance d’évoluer là-dedans quoi. Et ce n’est pas les… non plus. Évidemment qu’il y a… On est tous de temps en temps rattrapé par nos égos, nos machins, tout ça, c’est… Je ne vous dis pas bon… 

    Ombeline : Oui, mais justement, ça fait aussi partie du parcours, tu vois. C’est comment j’expérimente cette notion de pouvoir et de puissance entre voilà, et d’individualité et de collectif, et tu vois que ce sont des méandres, ce sont des réajustements, ce sont des autorisations, ce sont des rencontres, et à chaque fois ça nourrit ça et toi, tu en émerges une expérimentation de ce que c’est pour toi la puissance et le pouvoir. Et voilà. Aujourd’hui tu dis, être puissante aujourd’hui ce n’est pas ce que je pensais il y a dix ans. Donc voilà, il y a cette notion de paix, de joie, de calme, de curiosité, de… Enfin, et je trouve que c’est ça qui est fascinant en fait, c’est quelle est l’expérience que j’en fais et quelle pourrait être la prochaine expérience que je ferai de cette notion de pouvoir et de puissance, aussi bien moi intérieurement en tant que CEO que l’entreprise, parce que l’entreprise fait aussi son expérience et apporte sa propre expérience au collectif. 

    Chloé : Et tu peux l’expérimenter tout de suite. Tu sais, souvent tu entends ces entrepreneurs qui disent bon quand j’aurais fait, quand j’aurais réussi, je monterais ma fondation, heureusement que ça change bon sang, mais, le truc, la notion de voilà, j’ai fait ma partie économique et puis plus tard je m’engagerai dans une asso, une fondation machin, et, mais c’est complètement fait, c’est complètement dépassé. En fait ce kiff-là que tu espères faire dans vingt (20) ans, tu peux déjà l’expérimenter et le vivre dans ton boulot, dans ta vie donc… Et encore une fois, ça ne veut pas dire tout plaquer et monter ta boîte d’engagement citoyen ou d’innovation sociale. Encore une fois, je disais tu as plein de manières de le faire ça, d’apporter ta pierre et de vraiment trouver ce qui te fait contribuer en tant que citoyen. Ça peut être, enfin, même moi aujourd’hui si pour une raison ou une autre « Civocracy », peut être que dans deux (2) ans j’aurais envie de laisser les clés au prochain, je n’exclus pas du tout d’aller bosser avec une boîte qui existe déjà comme employé. Pour moi c’est, si tu te mets au service d’un…

    Ombeline : Oui, il n’y a pas de honte à revenir dans ce qui existe déjà. 

    Chloé : Et dans le sens que tu peux… Alors par contre, c’est obligatoirement un leadership qui te permet à toi de prendre ta place et d’exprimer aussi ton truc, mais ça peut être de plein de manières différentes. Et la vie…

    Ombeline : Et de toute façon, c’est comme ce que tu disais quand tu as eu ta nuit blanche où tu ne disais plus jamais j’idéaliserai quelqu’un ou j’admirerai quelqu’un, c’est la même chose ; c’est-à-dire que, que ce soit l’appel à contribuer, que ce soit l’appel à servir quelques autres aspirations ou besoins, c’est accessible maintenant en fait, il n’y a pas d’étape intermédiaire.

    Chloé : C’est bien.

    Ombeline : Chloé, pour clôturer cette conversation, j’aimerais peut-être qu’on fasse une dernière rubrique sur cette relation à l’argent. Parce que forcément, quand on parle entreprise à mission, entreprise à mission sociale et sociétale, on se pose toujours cette question. Et j’en parlais encore hier avec Stanislas Billot, celui qui a fondé notamment la « Maison du bien commun », la « Nuit du bien commun ». Moi mon idéal, ça serait une société où il n’y aurait plus à choisir entre la création de richesse et le collectif et le bien commun et le tout. Donc, quand je rencontre des CEO d’une entreprise plus à volet social et sociétal, on se pose toujours cette question. Comment on fait pour trouver cette justesse avec l’argent, avec la création de valeur ? Tu disais tout à l’heure que voilà, l’argent, le chiffre d’affaires qui triple cette année, il est au service aussi de poursuivre la recherche et puis de votre confort à vous, des équipes, et cetera. Qu’est-ce que tu aimerais nous partager comme peut-être, je ne sais pas, entre une et trois idées ou une et trois leçons que tu aurais apprises sur cette place de l’argent quand on a une entreprise à mission ?

    Chloé : Alors franchement, je vais te décevoir, mais je suis incapable de répondre aujourd’hui. Aujourd’hui nous, avec « Civocracy »…

    Ombeline : Tu ne me déçois pas.

    Chloé : Non, non, mais je… On est un peu, tu vois, à la croisée des chemins.   C’est-à-dire qu’aujourd’hui « Civo », on s’assume en agence créative, c’est-à-dire qu’on n’est plus seulement de la tech parce qu’on n’a jamais été de purs technocrates, mais… On a cette plateforme qu’on va développer, qui nous a coûté beaucoup d’argent, et qu’on espère pouvoir continuer à développer parce qu’elle fait littéralement 15 % de ce que j’espère pourront être les plateformes d’engagement citoyen dans les trente (30) prochaines années. On est une agence créative, c’est-à-dire qu’on vend derrière du conseil, et cetera. Et pour l’instant, c’est un modèle économique qui nous a permis de grandir, de nourrir aussi notre plateforme, et cetera. À la croisée des chemins parce qu’il y a deux (2) manières dont on pourrait l’envisager. On a triplé notre chiffre d’affaires. On est à un moment de l’entreprise où dans l’équipe c’est juste on est au top, on s’entend trop bien, on est hyper efficace, on a des process de dingue. On pourrait monter encore un peu en puissance et faire de « Civocracy » une super belle PME, peut-être. Après, donc parfois je me dis c’est un petit confort, c’est sympa, on rembourserait nos investisseurs, tu vois, dans les cinq (5) prochaines années, on continuera à agrandir, on continue à développer notre truc. Après tu as à côté, c’est ce que je te disais, l’opportunité. C’est quand même aussi et la puissance que pourrait être « Civocracy », c’est que les campagnes qu’on organise pour nos organisations, ce n’est pas juste dix mille (10 000) personnes, mais des millions, qu’on ne bosse pas pour une organisation ou deux cents (200) aujourd’hui, qui ont envie de bousculer ce statu quo et d’embarquer leur communauté, mais c’est des milliers. Et pour ça, il faudrait qu’on scale et qu’on grandisse. Honnêtement, je n’ai pas envie d’y penser aujourd’hui. Et je pense que je sais que je vais devoir le refaire, me remettre un peu là-dedans, que c’est des stratégies assez différentes. Mais je pense que vraiment, et là j’ai plein d’injonctions contraires dans le cerveau quand je te dis ça, mais en tout cas, je pense que pour nous aujourd’hui la liberté dans l’équipe, et d’ailleurs c’est un truc que je partage aussi, ce puzzle avec mes investisseurs, avec ceux qui, enfin, le noyau dur de « Civo » qui sont l’équipe, mais quand même aussi notre board et tout. C’est qu’on peut prendre ces deux directions, et que je n’ai pas envie de me coincer dans l’une ou dans l’autre. Et que je sais que je n’ai pas envie de faire un petit truc. Et chez « Civo » on a envie d’exploser, parce qu’on a envie d’avoir plus d’impact, parce qu’on a envie de grandir, mais est-ce qu’on a envie d’être « the » plateforme, dans dix (10) ans ou pas, je ne sais pas. Et ça, je pense que parce que, encore une fois, je ne sais pas est-ce qu’on a envie d’être « the » plateforme, ou est-ce que la réponse c’est peut-être qu’on joigne nos forces avec d’autres, tu vois, plateformes. Et pour moi, il y a… Je ne veux pas me coincer dans un modèle ou dans un autre de croissance, où on nous a mis sur des rails. Comme je disais, « Startupbootcamp » ça a été génial parce que oui, ils nous ont permis de voir grand, de taper dans des process que peut-être moi en tout cas dans ma vie d’entrepreneure avant je n’avais pas imaginé, j’aurais laissé un noyau ou disant ce n’est pas moi. Mais en revanche, je veux croire qu’il y a plein de modèles de croissance différents. 

    Ombeline : Ouais.

    Chloé : Et encore une fois, je fais confiance aux opportunités, et nous à notre créativité, notre compétence en tant qu’équipe et « Civo », pour les saisir et grandir. Et ça peut prendre plein de formes différentes. Au début de l’année, ça a été peut-être rejoindre une boîte mieux calibrée et faire un plus plus. À d’autres moments, c’était, eh bien non, de lever peut-être encore un peu de fonds et de scaler ; pour l’instant, on ne lève pas de fond, ça, on n’en a pas besoin, je n’ai pas envie. Je n’ai plus envie en tout cas pour l’année qui suit, mais peut-être que dans un an on aura remis des bases, ou je dis ouais, là c’est mort, là c’est le moment de repasser un peu, mais peut-être pas, si ça se trouve. La recette, ça peut être un troisième truc et on continue à vendre, à démarcher, à avoir des clients et à faire du profit, à nourrir notre mission et grandir comme ça. 

    Ombeline : Ouais.

    Chloé : Et il y a peut-être une quatrième porte que je ne connais pas en fait.

    Ombeline : Ouais. Et puis en fait, tu réponds tout à fait à ma question par rapport aux leçons en lien avec l’argent, quand on a une entreprise à mission. La leçon c’est que la croissance ne veut pas dire toujours plus, la croissance elle peut être circulaire, et l’argent ce n’est pas forcément toujours plus d’argent, c’est un flux en fait, c’est de trouver cet équilibre et d’optimiser ce flux. Mais le flux n’est pas forcément dans le toujours plus d’argent. 

    Chloé : Après, c’est vrai que nous on est biaisé. Enfin, moi, l’argent n’a jamais été au cœur du réacteur quoi. C’est le nerf de la guerre parce que c’est ton indépendance, parce que voilà, on vit dans un monde où il en faut et que… Mais, encore une fois, enfin, c’est… Et pour moi, je le vois comme une chance de dingue. Ce qui nous porte, ce qui nous fait lever le matin, je le mets en termes de puzzle parce que le puzzle c’est rigolo, parce que ça a envie de jouer et que… Parfois c’est une migraine, ce n’est pas un puzzle, c’est juste un gros casse-tête qu’on n’arrive pas à résoudre. Mais en soi…

    Ombeline : Un Rubik’s Cube.

    Chloé :… un déjeuner avec nous chez « Civo », c’est un débat en permanence. Le truc, c’est qu’est-ce qui va permettre de générer plus d’engagements ? C’est la mission quoi. 

    Ombeline : Ouais. C’est ça.

    Chloé : Et l’argent c’est un des moyens pour…

    Ombeline : Bien sûr.

    Chloé : Honnêtement, il y a des moments où je me dis j’aurais peut-être mieux fait de faire une fondation. Il y à d’autres moments où je me dis c’est, encore une fois, ça va être une super belle agence avec une super belle plateforme et qui va faire tant. Il y à d’autres moments où je me dis c’est la scale-up du monde et il y en a d’autres, on sait. Quand même que le quatrième truc qui serait « 1 +1=10 » ouais, pour moi, ce qui m’amuserait dans les prochaines années ce serait de joindre nos forces avec d’autres boîtes, avec qui on a envie de tout casser quoi. 

    Ombeline : Ouais.

    Chloé : Et on peut démultiplier parce que pour le coup c’est pareil, il y a la force du collectif là-dedans, et il n’y a pas d’égo. En fait, la réussite de « Civo », ça n’a pas besoin d’être « Civocracy » dans deux ans, je ne sais pas comment t’expliquer, c’est… 

    Ombeline : Ouais, mais je comprends très bien. Je comprends très bien et je pense qu’il y a une deuxième leçon dans ça. C’est à quel point les modèles économiques sont obsolètes. Il y a comme un besoin de…

    Chloé : Ah ouais. De réinventer l’entreprise, tu veux dire ?

    Ombeline : Voilà. Ouais, ouais, ouais, c’est ça. C’est ça.

    Chloé : Ouais, ou le, voilà, c’est ça. Et il y a plein de chemins différents. Il y a plein de chemins différents et en fait, aujourd’hui, alors, encore une fois, parce que je profite un peu d’être dans une espèce d’apogée, de bien être, une bulle, de on bosse super bien et les graines qu’on a semées ont éclos et qu’on est top, et que du coup, je n’ai pas forcément envie de me remettre direct dans le prochain choix qu’il faut faire tu vois. Est-ce qu’on veut rejoindre un autre groupe ? Est-ce que je vais émerger avec bidule machin ? Là, juste maintenant, je n’ai pas envie de me poser cette question. Mais aussi parce que je pense qu’il y a un moment où il y a des trucs qu’on va laisser et il y a une opportunité qui va apparaître. On va voir. Qui est peut-être déjà là, qui n’est peut-être pas encore là donc… Et je ne sais pas exactement ce que ce sera. Est-ce que ce sera « Civo » avec quelque chose d’autre ? Est-ce que ce sera « Civocracy » plus plus ? Est-ce que ce sera…

    Ombeline : Ouais. Et puis c’est…

    Chloé : Appel aux auditeurs qui veulent merger, qui veulent nous rejoindre, qui veulent…

    Ombeline : Et puis c’est le chemin aussi de cette facette consciente, tu vois, de l’entrepreneuriat. C’est je ne contrôle pas tout, je ne sais pas tout, je ne porte pas toutes les responsabilités, il y a autre chose qui est là. Et parfois on n’a pas les réponses, et les réponses, elles arrivent quand on est prêt aussi à les laisser se révéler.

    Chloé : Tout à fait.

    Ombeline : Donc…

    Chloé : Ouais, ouais. C’est très juste. Bien sûr. Et de temps en temps, il faut faire des choix aussi, et il faut trancher parce que…

    Ombeline : Bien sûr.

    Chloé :… parce que ça n’arrive pas et tu passes le coup d’accélérateur. Mais c’est vrai que de temps en temps, tu te laisses un peu, enfin voilà. Et puis, attends de manière très humble aussi. Même si aujourd’hui les choses commencent à éclore, se mettent en place, et cetera, où on est dans une position beaucoup plus solide et tout. Enfin, encore une fois, dans la quête qu’on s’est donné, on est à 10 % de ce qu’on a, le puzzle il n’est pas fini quoi. Le modèle économique, enfin, on n’a pas un client qui demande exactement la même chose. On est en plein dans nos innovations de produits. Et on va devoir faire des choix donc on fait beaucoup de recherche en ce moment. Eh bien faire un choix, ça veut dire laisser un morceau et prendre l’autre. Donc c’est un peu aussi une notion de laisser tomber ça pour… Et donc vraiment, de manière très humble aussi, je ne sais pas exactement ce que ça va être, et je n’ai pas toutes les réponses, et du coup, je ne peux pas dire exactement voilà. Ça, on me… Enfin, j’ai été hyper critiqué là-dessus, j’ai eu des, franchement, dans le monde de la tech, de la start-up, tu es censé montrer que tu as réponse à tout, tu fais ton business plan sur cinq (5) ans avec des chiffres qui ne veulent absolument rien dire, même dans l’impact, on te demande des théories d’impact, franchement, mais tu dois sortir des données qui n’existent pas en disant « Voilà mon E-pack record ! », alors qu’en fait tu n’as rien prouvé. Non, non, non, nous, on n’est plus là. C’est… Il y a une partie d’humilité où on sait qu’il y a encore beaucoup à déblayer ; une partie de puissance où je pense qu’on fait partie des gros experts dans notre domaine en Europe et qu’on est super bien placé. Mais voilà, les dés ne sont pas jetés quoi. À construire, à rechercher, on verra. C’est cool.

    Ombeline : OK. Magnifique. En tout cas, merci beaucoup pour tout ton partage Chloé, très riche et très inspirant.

    Chloé : Ah, mais j’espère que ça va intéresser. Franchement, merci de me prêter à cet exercice. Je me suis beaucoup pris la tête si je devais le faire ou pas parce que je ne sais pas si ça va inspirer. En tout cas, je pense que les clés… Enfin, ce n’est pas mon parcours que j’espère inspirant, c’est plus est-ce qu’il y en a d’autres dans ce monde qui ont envie de résoudre des problèmes et de leur désir. Vous pouvez le faire de plein de manières, si vous avez envie, on peut le faire ensemble, si ça vous amuse. Et voilà, c’était un peu ça que je voulais laisser.

    Ombeline : Et puis c’est aussi la notion de puissance pour cette saison deux (2). Donc, j’ajoute comme intention que les personnes qui écouteront cette conversation prennent un shoot de puissance. Voilà. Et de puissance, voilà, dans la justesse du terme et toujours dans l’intégrité. Je te souhaite en tout cas Chloé de continuer ce chemin de réussite avec beaucoup de justesse, d’humilité, de conscience comme tu le fais et comme tu nous as partagé, et je profite pour rappeler aussi à quel point c’est important quand on est si haut, d’être soutenu, d’être entouré et d’être accompagné parce que parfois, se mettre en priorité, on n’y arrive pas tout seul. Donc, voilà. C’est important de le rappeler.

    Chloé : Et continuer à kiffer.

    Ombeline : Ouais. Deux dernières questions, et tu vois, je me disais, cette deuxième saison, les épisodes vont être plus courts. Eh bien non ! Ça ne sera pas plus court. Non, ce n’est pas possible et moi ça me va très bien. Deux dernières questions, Chloé. Qui tu aimerais entendre dans ce podcast ?

    Chloé : Tu veux des filles ? 

    Ombeline : Comme tu veux. Ça peut être pour la saison trois (03) si ce n’est pas des filles.

    Chloé : Alors ouais je suis biaisée, mais moi j’adore tous mes copains de la Civi Tech. Je pense à Benoît Raphaël de Flint et à Marc Antoine Garrigue de Toguna. Je pense à ma copine Léonore de Roquefeuil de Voxe, qui est une fille géniale. Je pense à Alice Barbe de l’Académie des Futurs Leaders. Oh la la ! J’espère que je n’en oublie pas. Mais en tout cas, cet écosystème d’entrepreneurs fabuleux qui font des choses incroyables et qui me porte, qui me galvanise vraiment. Et il y en a d’autres ! Il y a aussi d’autres que je connais moins bien, mais que je suis et qui à leur manière m’apportent beaucoup d’inspiration et de force. Voilà. Après c’est vrai que à Berlin donc une grosse partie de mes copieux entrepreneurs, qui ne sont pas forcément français.

    Ombeline : Mais déjà c’est magnifique. Et puis moi j’irai aussi regarder chacune des personnes que tu as pu citer. Ouais 

    Chloé : Ouais, eh bien voilà. Et puis, je ne sais pas tu vois je me disais moi dans mon, encore une fois, tu as aussi des entrepreneurs, mais tu as aussi d’autres gens qui font des boîtes. Et peut-être qu’ils ne sont pas forcément les fondateurs, mais, moi dans mon équipe, je me disais que si tu avais mis d’autres gens de « Civocracy » au micro, ça aurait eu aussi un impact de fou, parce qu’encore une fois…

    Ombeline : Oui, tout à fait. Mais tout à fait. Je prévois…

    Chloé : Il y a peut-être des pépites.

    Ombeline : Je prévois des épisodes avec des intrapreneurs.

    Chloé : Voilà. Exactement. 

    Ombeline : Ouais.

    Chloé : Qui sont aussi, qui de manière dit… Encore une fois, pour moi, la glorification de l’entrepreneur ou du fondateur…

    Ombeline : Ouais.

    Chloé :… je pense qu’il faut en… pas en sortir un peu parce qu’on a besoin d’être aimé et que c’est cool de voir ça. Mais vraiment aujourd’hui, il y a mille (1 000) manières d’être créateur, d’apporter de la pierre. 

    Ombeline : Bien sûr.

    Chloé : Et j’admire beaucoup les gens qui arrivent après dans une histoire, qui n’ont pas la même reconnaissance, mais qui font avancer, qui, encore une fois, qui prennent l’honneurship, qui se sentent responsables. Et si moi j’ai réussi à tenir chez « Civo », c’est cette équipe-là qui s’est appropriée le truc quoi, et qui me permet les jours où j’ai envie de passer tout le monde au lance flamme parce que j’en ai marre, qui sont là et qui me permettent de gémir dans mon petit coin et qui font un super boulot. Et j’en connais d’autres, plein d’autres de gens donc ça pourrait être aussi intéressant de leur donner le micro. 

    Ombeline : Ouais et puis, tu sais, quand l’épisode sortira, tu pourras aussi, si tu as envie, faire un post LinkedIn et peut-être citer toutes les personnes que t’as envie de remercier sur…

    Chloé : Il y a un plafond ? 

    Ombeline : Il n’y a pas de plafond. Et je ne suis pas du genre à mettre de plafond.

    Chloé : Ouais, carrément. Que veux-tu que je te dise ? J’ai plein de gens auxquels je pense et qui sera super que tu… à qui tu mettes de la lumière. 

    Ombeline : OK.

    Chloé : Et je réfléchirai à ça ouais. En tout cas, merci beaucoup de ton invitation, c’est trop sympa.

    Ombeline : Avec grand plaisir Chloé. Et donc la dernière question. Avec quoi tu repars de cette conversation ?

    Chloé : Eh bien, de me permettre de parler de mon cheminement et pas que « Civo ». Je crois que ça permet aussi de, tu vois, tu m’as demandé le fil de tout ça. C’était chouette de pouvoir réfléchir avec toi à ce que c’était. Qu’est-ce qui me porte ? Et, franchement, je n’ai pas très bien dormi et j’étais fatiguée à deux heures quand je suis arrivée sur le call avec toi, et là, j’ai plein d’énergie. Je ne crois pas que c’est parce que j’ai parlé de moi, même si c’est cool, encore une fois, ça satisfait un peu l’égo de te dire « Oh, je vais passer dans un podcast, ça va être trop bien ». Même si j’ai super peur. Je suis très mauvaise sur les réseaux sociaux. Mais de ouais, en fait, tu défriche avec toi et puis c’est ton métier. Je sais aussi que voilà, tu étais coach, et donc en somme tu poses les bonnes questions, tu rebondis sur des choses ou tu te dis « Tiens, elle a rebondi là-dessus, elle a compris ce que j’ai essayé de dire ». Ça, ça fait vraiment plaisir. Ou des questions plus inattendues que tu as eu envie de creuser. Voilà. Parfois, il y a un peu la solitude de l’entrepreneur, où oui on te demande des choses sur ton impact, ton machin, ton truc, tes chiffres. Et c’est ça qu’on ne parle pas souvent de ce qui nous fait lever le matin, de ça donc… Moi je repars avec ça. Peut-être réfléchir à mon fil rouge. Je t’ai dit quoi ? La joie, le désir et la curiosité ? 

    Ombeline : Non, la puissance.

    Chloé : L’argent, le pouvoir. Mais ouais, c’était chouette de verbaliser en fait, ce qui me permet aujourd’hui de…

    Ombeline : Je pense qu’il y a une vraie clé dans cette notion de puissance. Et je pense que c’est aussi la clé de la prochaine étape pour toi, dans toutes les sphères de ta vie.

    Chloé : Ouais. Tu me raconteras femme… trente-sept (37) femmes. Ou peut-être après le podcast tu vas me raconter ce que tu essaies de faire là-dedans.

    Ombeline : De quoi, l’« ESPACE 37 » tu veux dire ?

    Chloé : Ouais, l’« ESPACE 37 ». Il faudra que tu m’expliques.

    Ombeline : Ah ouais. C’est justement le collectif qui réunit des entrepreneures et des dirigeantes sensitives, et qui soutient leur intégrité. 

    Chloé : OK.

    Ombeline : Voilà. Donc oui, avec plaisir de t’en parler.

    Chloé : Ça marche.

    Ombeline : Un grand Merci Chloé. Un grand, grand merci. Et puis, hâte de voir, de continuer à voir ton chemin et de suivre « Civocracy ».

    Chloé : Ouais. Tout le monde s’inscrit sur « Civocracy ». 

    Ombeline : Ouais on va… Je vais mettre de toute façon, voilà, tu vas me partager les liens qu’il faut mettre pour nos auditeurs et ce sera tout indiqué dans la description de l’épisode, ainsi que la meilleure façon de te contacter. Voilà.

    Chloé : Merci Ombeline !

    Ombeline : A bientôt Chloé !

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